A propos d'orthographe et de langue française

Blogue du RAEQ - Les "règles" de grammaire ?!?:

"La langue française est une vieille pute qui a couché avec tout le monde, particulièrement avec les snobs depuis qu'elle s'écrit et elle a gardé des traces de tout le monde dans son orthographe et sa grammaire." Hervé Bergeron

C'est pas moi qui l'ai dit...

Ce petit extrait du film "entre les murs" me fait sourire à chaque fois :)




A lire en complément :
- L'orthographe, ça sert à quoi ? http://florencemeichel.blogspot.co.uk/2008/09/lorthographe-sert-quoi.html
- Institution contre Violence - Violence de l'Institution http://florencemeichel.blogspot.co.uk/2011/03/institution-contre-violence-violence-de.html

Commentaires

Bastien a dit…
L'arbitraire est au coeur du langage, aussi bien parlé qu'écrit. De même qu'il n'y a pas d'oeuvre d'art sans résistance de la matière, il n'y a pas de langage sans résistance des conventions sociales qui le soutiennent. Si le langage faisait sens à lui seul, nous n'aurions pas besoin de penser.

Le fait que certaines règles de grammaire ou d'orthographe paraissent absurdes, au lieu de nous mener à la question du pourquoi de leur enseignement devrait plutôt nous incliner à nous demander comment les enseigner.

Il y a des remises en cause de l'arbitraire qui, au lieu de nous en libérer, nous laissent en proie à d'autres arbitaires, nous donnant l'illusion que l'opinion peut légiférer en tout. Profitons au contraire de ces arbitraires bien inoffensifs pour les respecter et, si j'ose dire, les tenir en respect! Cela nous laissera plus de temps pour nous occuper d'autres formes d'arbitraire, bien moins légitimes.

A noter aussi que, dès qu'on peut réinventer une querelle des Anciens et des Modernes, on saute sur l'occasion pour jouer les habiles. Une mode française?
florence Meichel a dit…
Réponse exemplaire du comment faire toujours plus de la même chose !

Pas sure que ces arbitraires soient si inoffensifs : ils sont un symbole de bien d'autres choses...et je suis d'avis qu'il faille se battre sur tous les fronts en même temps..sauf à vouloir maintenir des injonctions paradoxales intenables !
Sylvain a dit…
Dans cette ronde de pourquoi, il y a au moins un élément erroné : la mise en lettres des nombres peut maintenant être faite avec des traits d'union partout...

On peut télécharger le miniguide ici.

Ceci dit, quand on parle des difficultés des jeunes, on parle souvent de la non-maîtrise des règles de base, pas des exceptions !
florence Meichel a dit…
Merci Sylvain de souligner ce point, en effet ! :-)
Bastien a dit…
Je ne comprends pas ta réponse - pourquoi est-ce que mon commentaire est de l'ordre du « comment faire toujours plus de la même chose ? »
florence Meichel a dit…
A bastien

Parce que dans ta vision des choses :
"Le fait que certaines règles de grammaire ou d'orthographe paraissent absurdes, au lieu de nous mener à la question du pourquoi de leur enseignement devrait plutôt nous incliner à nous demander comment les enseigner."

Tu considères que la règle est immuable et qu'il faut simplement aménager les choses pour respecter le cadre de ref : on parle de changement de type 1 ! Ce type de changement conduit a des cercles de renforcement : on fait toujours plus de la même chose ! A rapprocher de la notion de régularisation en systèmique !

Le changement de type 2 implique un changement radical du cadre de ref...un saut de logique en quelque sorte ? on parle de régulation ! Changer l'arbitraire de l'orthographe relèverait de cette logique !
Bastien a dit…
Merci pour ta réponse.

Je n'ai jamais dit que les règles de grammaire étaient immuables. Je sais que les langues - leurs règles d'orthographe et de grammaire - évoluent.

Mais je m'interroge sur le besoin de remettre en cause ces règles dans le cadre de l'enseignement. Je crois que sous prétexte d'être ouvert à la possibilité d'éliminer ce qui nous paraît arbitraire dans le langage, on ne fait que se donner des arguments pour ne pas juger la manière dont les uns et les autres l'emploient. Pourquoi un "e" dans "asseoir"? Cette question prépare à ne pas corriger l'élève qui oublie ce "e".

D'un point de vue pédagogique, ça me gêne, parce que c'est au fur et à mesure des jugements des enseignants que les élèves appréhendent la langue comme un objet qui leur résiste, et que, formant leurs pensées contre cet objet, ils apprennent aussi à prendre leurs distance avec leurs idées immédiates (les idées-réflexes).

Si j'ose un parallèle lointain : je pense que l'actualité est toujours mêlée d'opinion, parce que la vérité historique a besoin de temps pour s'asseoir (sic). D'un point de vue pédagogique, même s'il est important de sensibiliser les élèves à l'actualité et aux divergences d'interprétation qui l'entourent, il me paraît plus utile encore de leur apprendre l'histoire. C'est elle qui les rendra libres de lire l'actualité, et non l'inverse.
florence Meichel a dit…
Très honnêtement Bastien quand on arrive a des situations comme celle-là,

http://www.lagazette-sante-social.com//actualites/nl_actualites.asp?supportId=128&artId=30431

Il faut savoir remettre en question un système qui crée autant d'incompréhensions, de mal-être ...

Le monde change et nous avons besoin de trouver de nouveaux repères et de nouvelles façons de nous mouvoir dans notre environnement de façon fluide et pertinente...

Ce que tu me décris confirme ce que je pensais : l'orthographe est une question de principe...une façon de formater à la soumission de l'arbitraire...Pour moi, l'orthographe est un code commun de communication : voilà le point de friction...et je pense qu'il l'est pour beaucoup d'enfants...le problème c'est qu'ils n'ont bien souvent pas les mots, l'espace et l'accompagnement pour verbaliser ce gap ! En désespoir de cause, la rébellion qu'ils retournent parfois contre eux mêmes, reste le seul échappatoire !

Et aucune réponse pertinente si ce n'est ces cercles vicieux du toujours plus de la même chose à l'horizon ! :(
Bastien a dit…
Alors remettons en cause le système! Recrutons des professeurs des écoles qui font moins de fautes d'orthographes. (Ah pardon, il ne faut pas dire ça. La remise en cause du système ne doit pas sortir des clous de la démagogie...)

Penser que l'arbitraire de l'orthographe y est pour quelque chose dans l'échec des élèves me paraît prendre les choses à l'envers.

Remarque que j'adopte bien volontiers ta définition de l'orthographe comme code commun de communication ; mais c'est justement ce statut qui commande que l'orthographe ne soit pas soumise au bon vouloir de chacun. Apprendre l'orthographe, c'est justement apprendre que les hommes se sont mis d'accord pour écrire "asseoir" plutôt qu'"assoir" - peu importe le résultat.

Exercer les esprits à affirmer leur liberté en exprimant leur désaccord avec le reste de ces hommes... cela n'aidera pas à utiliser le même code commun de communication !