11 juillet 2008

De la Géographie 2.0 à l'éthique !

Vers une Géographie 2.0

Je relaie ce fantastique article trouvé par David Landry du réseau Apprendre 2.0

Extrait choisi pour penser l'espace

"Abraham Moles nous rappelle que les lieux structurent l’espace des hommes ; ces lieux ont une identité et l’espace n’existe que par la référence à un sujet (Moles 1978). Son appropriation passe par le sentiment de différenciation entre un ‘ici’ et un ‘ailleurs’. L’apprentissage de l’espace se fait par la découverte de la loi proxémique, loi selon laquelle « tout l’ensemble des phénomènes perçus est régi par la loi selon laquelle l’éloignement du point de référence – du point ici – contribue, nécessairement, à les diminuer » : loi qui met au premier plan le rôle de la distance, la distance destructrice de lien. La distance est vectrice de la dégression perspective, prenant pour exemple l’homme à cheval (le cow-boy) qui grâce à son assise en hauteur couvrira des yeux plus de distance que l’homme à pied et donc maîtrisera mieux son troupeau. Aujourd’hui nous sommes tous susceptibles de nous asseoir sur un « cheval » spatial grâce auquel nous percevons le monde entier. Certes cette perception est l’image contrôlée d’un moment ‘t’, mais elle insuffle de nombreuses modifications dans les lois de proxémique et d’appropriation spatiale.

La place du ‘ici’ est primordiale dans l’appropriation de l’espace. Il lui faut une existence par rapport au ‘ailleurs’, « l’entendu doit être différenciable pour créer à la fois la mobilité exploratoire et l’ancrage en un lieu, sinon elle est denrée homogène pour laquelle les mots ‘loin’ et ‘près’ n’ont plus de sens ». La multiplication des logiciels de représentations spatiales rendent le ‘ici’ proche du ‘ ailleurs’, le ‘ailleurs ‘ accessible du point ‘ici’, accessible de la coquille du geste (cf les coquilles de l’homme : appréhension phénoménologique des rayons d’action de l’homme). Cet ‘ailleurs’ virtualisé ne remplit et ne diffuse pas les mêmes informations qu’un ‘ailleurs’ réel, mais il reste une image, une idée, une sensation, qui est susceptible d’influencer l’homme et son rapport à l’espace, particulièrement dans ses activités mobiles. L’explosion des ventes de système de navigation portable (GPS) illustre parfaitement cette recherche de maîtrise spatiale, grâce à laquelle nous devenons des « êtres augmentés » d’espaces virtuels, nous permettant la maîtrise d’un espace réel. Nous offrant peut être une simple illusion de maîtrise de l’espace. Car il va de soi que l’une des clés de l’appropriation territoriale passe par la maîtrise spatiale ou cardinale de l’espace mais la connaissance des activités humaines, l’enracinement, l’histoire territoriale, le climat, la géopolitique en sont d’autres tout aussi importantes : « On n’habite pas un espace avec un GPS, on le survole ».

Je retiens : penser l'espace en ET et non en OU....comme nous avions l'histoire ET la géographie...simplement la géographie d'aujourd'hui s'augmente et inclut d'autres dimensions...et l'histoire change du même coup !...

Ce qui bien entendu nous ramène à la question éthique sous-jacente !

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