10 mai 2008

Apprenance ambiante

En réfléchissant autour des Digital Literacy, un vision s'est imposée naturellement : celle de l'apprenance ambiante, dont on pourrait dire qu'elle serait le moteur d'une société apprenante en devenir !

Pour expliquer cette vision, je vais tenter un cas de figure :

Imaginons : dans le cadre de mon travail, je suis amenée à publier différents contenus sur le web...A l'instant t, mon patron vient me demander de publier une vidéo sur le blog de l'entreprise ! je n'ai jamais réalisé ce genre de travail ?
Je lance une recherche sur mon navigateur : "comment publier une vidéo sur un blog ?"

Le navigateur identifie ma requête comme un besoin d'apprendre.
Il a repéré au travers de ma navigation que je privilégie les relations de coaching on-line pour apprendre.
Il me met donc directement en contact avec les coachs compétents dans ce domaine et demeurant près de chez moi !

Il m'informe aussi :
- qu'un tutoriel est accessible on-line à une adresse qu'il précise sur la question des droits d'auteur
- qu'un atelier se déroulera prochainement dans ma ville sur le montage vidéo !
- qu'une formation universitaire existe pour me former sur le sujet !

On peut transposer ce cas de figure dans le cadre de l'école :

Le professeur demande aux élèves de sa classe de faire un exposé de manière vivante et attrayante...Luc a repéré sur le net de jolis diaporamas mais il ne sait pas comment réaliser la chose ! Son professeur n'est pas un expert en la matière !

Il lance une requête sur son navigateur.

Le navigateur identifie sa requête comme un besoin d'apprendre.
Il a repéré au travers de sa navigation que Luc privilégie l'auto-apprentissage pour apprendre.

Le navigateur lui indique différentes ressources accessibles on-line : vidéos, dont un dossier sur les droits et devoirs en matière de publication sur la web

Il l'informe aussi qu'un professeur de son école est compétent dans ce domaine.
Il lui fait découvrir aussi une association de son quartier qui organise des ateliers pour les enfants justement dans ce domaine le mercredi après-midi !

etc.....

Vous l'avez compris au travers de ces exemple, l'idée est donc que l'ensemble des ressources à visée formative deviennent instantanément accessibles au moment précis ou l'on en a besoin et de façon pertinente par rapport à nos préférences en matière d'apprenance et par rapport aux compétences des acteurs!

Pour construire ce vaste écosystème d'apprenance, il est nécessaire
- d'indexer l'ensemble des ressources à visée formatives pour qu'elles soient accessibles et traitable par les moteurs de recherche,
- de repérer les compétences en jeu ?

Quelles sont vos idées sur cette question d'indexation globale ?

Plus précisément, quelles sont vos idées sur cette question d'indexation globale et non intrusive?

MAJ du 11 février 2012 : quelques pas plus loin :-) http://blogveilleflorencemeichel.blogspot.com/2011/02/apprentissage-immersif-et-realite.html

MAJ du 22 février 2015 : réflexion actualisée via Neurosciences, "eye-tracking" et usages http://blogveilleflorencemeichel.blogspot.co.uk/2013/03/neurosciences-eye-tracking-et-usages.html

12 commentaires:

Gaël PLANTIN a dit…

Bonjour !

Quelques éléments en réponse à votre billet :

1° concernant l'identification des compétences, je vous invite à découvrir le site de l'ECDL (European Computer Driving Licence) ; Certes très orienté bureautique, le corpus de compétences est très vaste. Il est d'ailleurs possible de le croiser avec celui du C2i.

2° concernant l'indexation globale, j'aurai tendance à dire qu'il faut travailler selon deux axes complémentaires :
* former l'individu à mieux utiliser les outils de recherche existants, notamment en utilisant au mieux les fils RSS pour être tenu au courant des dernières publications ;
* produire des contenus compatibles "Web Sémantique", combinés avec des fils RSS pertinents.

La combinaison de ces deux éléments permettrait à chacun d'obtenir l'information dont il a besoin, au moment ou il en a besoin.

3° La constitution d'un profil suffisamment précis de l'utilisateur pour que l'on puisse automatiser la soumission d'informations pertinentes, n'est autre qu'une utilisation différente du système AdSense de Google. Le système existe, mais jusqu'à quel point pouvons-nous l'utiliser sans enfreindre l'espace privé de l'utilisateur ?

4° Nous avons trop tendance à aller chercher le Bon Dieu derrière l'église, oubliant trop souvent que l'aide en ligne des outils que nous utilisons quotidiennement, devrait être notre première source d'apprentissage... Or je constate quotidiennement que cet outil n'est que rarement utilisé... Pourquoi ? Sans doute, l'une des explications, réside-t-elle dans la méconnaissance du vocabulaire nécessaire à l'interrogation de ces outils...

florence Meichel a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
florence Meichel a dit…

Que de bonnes remarques Gael !

Je crois aussi que cette vision rentre dans le cadre d'un usage pertinent du web sémantique : reste à trouver le bon équilibrage pour que le système ne dérive pas vers une usine à gaz ou vers de l'exploitation systèmatique d'infos personnelles !

Par rapport à votre questionnement sur l'aide en ligne, je crois que la problématique vient aussi du fait qu'il faille interroger la machine : bref c'est à l'utilisateur de se mettre au niveau de la machine...l'idée d'apprenance ambiante inverse les logiques : c'est bien la machine qui se met au service des utilisateurs ! Et ça fait une sacrée différence ! :-)

Merci pour ce commentaire Gael : je serais ravie si vous acceptiez de rejoindre le réseau Apprendre

Gaël PLANTIN a dit…

L'informatique est un outil... je veux dire par là qu'il nécessite une appropriation, un apprentissage et une pratique régulière !

Certes, c'est à la machine de s'adapter à l'utilisateur, mais ce dernier ne peut faire l'économie d'un minimum d'investissement personnel : ce minimum est propre à chacun et doit correspondre au minimum nécessaire pour que l'utilisateur soit autonome vis à vis de son outil...

A ce titre, il me semble incontournable de maîtriser l'aide en ligne première marche d'accès à l'autonomie.

J'ai coutume de dire à mes élèves qu'ils doivent acquérir, en bureautique comme en toutes matières, les bases minimales nécessaires pour :
* qu'ils soient fiers de leurs productions ;
* qu'ils se facilitent la vie, afin de concentrer leurs efforts sur le contenu.

Il faut parvenir à ce que l'usage de l'outil soit aussi naturel que possible, afin de ne pas entraver le cheminement intellectuel qui conduit à traiter et produire du contenu : pour comprendre un texte, il faut se concentrer sur l'analyse et la contextualisation de son contenu, sans se soucier du déchiffrage des signes.

L'usage des outils informatiques, quelque soit le nom qu'on leur donne, doit, me semble-t-il, relever de cette logique !

florence Meichel a dit…

Bien vu ! :-)

Gaël PLANTIN a dit…

Toujours sur la notion de profil : ntic.ORG - Profilage des surfeurs du Web : les publicitaires en savent plus que vous pensez

Gaël PLANTIN a dit…

A propos de l'inventaire des ressources, une approche intéressante : Normetic.

florence Meichel a dit…

Merci beaucoup Gael pour cet ensemble de références : c'est très instructif à tout point de vue...la seule chose que je me demande c'est si tout cela est accessible au grand public...j'ai le sentiment que tout cela est très complexe et vraiment peu accessible au plus grand nombre! les tags sont une vraie révolution dans ce domaine car chacun peut contribuer très facilement : n'est-ce pas là une clef de réussite pour ce projet ?

Gaël PLANTIN a dit…

Non, sans doute pas... Le grand public continuera d'utiliser Google et consorts avec son propre vocabulaire.

Concernant les tags, j'y suis confronté depuis que je maintiens mon blog et que je publie mes favoris sur Del.icio.us.
Ayant exercé le métier de documentaliste, j'en conserve le réflexe de recourir à un thésaurus (SPINES de l'UNESCO, dont le réseau sémantique et d'équivalence est un des plus riche que je connaisse) pour identifier le vocabulaire dont j'ai besoin.
J'éprouve souvent des difficultés à attribuer des tags pertinents, tant la culture du Web invite au vocabulaire issu du quotidien...
Le plus difficile pour moi, c'est d'utiliser le même tag, dans le même contexte...

Comment attribuer vous vos propres tags ? Utilisez-vous toujours les mêmes pour spécifier un même sujet ?

La richesse générée par une indexation plein texte :
* contribue à diluer les techniques de recherche en offrant une multitude de mots pour initier une recherche ;
* soulage le néophyte qui n'a pas besoin, dans un premier temps, de recourir à des descripteurs que seul un esprit "tordu" de documentaliste aurait l'idée d'utiliser.

Pour amener mes élèves vers plus d'autonomie en recherche sur Internet, je les soumets à un quiz de culture générale.
Les questions sont :
* suffisamment éloignées de leur milieu professionnel pour qu'ils n'en maîtrisent pas le vocabulaire ;
* à tiroir de telle sorte que la réponse ne puisse être obtenue directement.
Aussi, lors d'une recherche, je les invite :
* à utiliser les mots les plus courants ;
* à consulter la liste de références obtenues pour identifier le vocabulaire utilisé ;
* à re-formuler une requète de recherche en utilisant le nouveau vocabulaire.

Je leur explique que chaque domaine d'activités, chaque corps de métier dispose de son propre corpus de vocabulaire et qu'il est nécessaire d'en maîtriser les bases si l'on veut pouvoir identifier une bibliographie utile et pertinente...

De ce point de vue, les tags me paraissent une complication supplémentaire qui n'apporte pas de réel plus... compte tenu de la puissance des outils d'indexation.

Alors, certes, le volume de documents accessibles ne cesse de croître et peut poser problème à terme pour identifier LE document utile.
Cependant, le documentaliste qui sommeille en moi ne cesse de croire que l'on ne peut chercher et trouver que ce que l'on connait/comprend bien...

Je crois qu'il faut éduquer/informer les utilisateurs.
Il faut leur apprendre :
* à maîtriser les outils existants : celà suppose de leur expliquer comment ils fonctionnent, quelles en sont les forces, mais aussi les faiblesses et les limites afin que chacun puisse en tenir compte dans son mode d'utilisation ;
* à considérer l'outil pour ce qu'il est : une aide heuristique, un raccourci possible mais en aucun cas, une solution !

Les outils sont complexes, peu accessibles ? La belle affaire, les tutoriaux fleurissent, il suffit de les lire et de pratiquer soi-même.

Mais j'anticipe sur un prochain bulletin de mon blog où je m'interroge sur la façon dont sont conçus les scenarii pédagogiques...

florence Meichel a dit…

J'ai hâte de vous lire sur ce sujet ! :-)

isaz a dit…

Très intéressante et enrichissante discussion que j'ai lu avec d'autres commentaires ailleurs.
Je retiens de ces commenatires 3 points de vue intéressants :
1) l'apprenance ambiante sorte d'idéal ou de vision du futur qui pourrait êtreutile à des gens qui savent aussi se servir d'autres outils pour faire des recherches.(Ubiquity de mozilla labs va dans ce sens, non ?)
2) la dérive commerciale et la non gestion de ses données personnelles :/
3) le point de vue de Gaël qui prône plutôt une éducation du public aux outils puissants (Google par exemple) dont nous disposons à l'heure actuelle.

Merci !

florence Meichel a dit…

Vous avez absolument raison Ubiquity s'inscrit tout à fait dans cette logique de même que la vision Webtop

- http://blogveilleflorencemeichel.blogspot.com/search?q=ubiquity&submit.x=0&submit.y=0

- http://blogveilleflorencemeichel.blogspot.com/search?q=webtop&submit.x=0&submit.y=0

D'une certaine manière le futur est déjà là ! :-)