22 avril 2008

Digitale et information Literacy : sortir des cadres disciplinaires et agir un projet de société !

Alain Pierrot vient de me faire passer ce document instructif à plus d’un titre !
Et je réfléchis avec vous autour de quelques idées !

D’abord je constate avec satisfaction l’intégration des TIC dans un ensemble plus vaste et porteur de sens qu’est l’information literacy : ça va dans le sens de l’idée que j’avais développée il y a quelques temps sur Apprendre 2.0, à savoir que les digitales literacy n’ont pas de sens pour elles-mêmes : il est nécessaire de les inclure dans des projets à caractère transversal : l’information literacy y répond en partie !

Sauf qu’ à y regarder de plus près, il est nécessaire d’aller plus loin : au risque de retomber dans le même piège : l’information pour être informé…et au final ,un système qui se clôt sur lui même !
Il y a bien une timide tentative d’élargissement avec la notion d’usage éthique de l’information mais l’élan devient une injonction paradoxale dans la mesure ou l’on fait du système un modèle, donc quelque chose qui devient une norme qui s’enseigne : plus rien de pertinent au monde et d’éthique au final !

Je crois qu’on touche là à un point fondamental : la visée du projet n’est ni les TIC, ni l’information, ni l’Apprenance tout au long de la vie mais VIVRE DURABLEMENT ET EN PERTINENCE AU MONDE…une nouvelle dimension de notre CITOYENNETE AU MONDE a développer pour chacun en somme …et ça fait une sacrée différence parce que chaque dimension devient une composante du système et non un but en soi !

Partant de là, la méthode taylorienne qui consiste à décomposer chaque dimension en élément simple comme préalable à tout le reste devient non pertinente : elle vient heurter de plein fouet des processus de vie en cours…

La réflexion qui me vient en tête c’est que la problématique nous oblige à changer radicalement de cap méthodologique pour appréhender les digitales literacies…faire un 180 °… (sauf à vouloir faire toujours plus de la même chose)

Voilà ce que je répondais à Alain pour illustrer ce point de vue :
Pour partir sur de nouvelles bases, c'est l'ensemble du processus qui est à revoir : ce n'est pas aux experts de nous dire comment faire mais aux gens de décrire comment ils font, d'ajuster avec éventuellement l’apport d’expertises, de co-transmettre, de s'auto-organiser....j'ai l'impression qu'on s'appuie toujours sur les mêmes bases pour construire les systèmes et c'est complètement décalé....

Comment peut-on être si loin de ce qui se joue aujourd'hui ?

Et c'est une fausse bonne raison de penser qu'on sera plus efficace en décrétant ce qui est bien ou ce qui ne l'est pas de manière uniforme : ces modèles ne collent plus !

Mais ça a le mérite d'ancrer les organisations existantes dans leurs logiques : on ne sort pas du cadre !

Et qu’on ne me dise pas que ce renversement copernicien est irréaliste, utopique : nous avançons dans ce sens tous les jours au sein du réseau Apprendre 2.0 et dans beaucoup d’autres endroits !

Et si les mots sont dérisoires et paradoxaux, les actes comptent et leur donnent sens !

En conclusion, je dirais que le projet :
- devrait viser la mise en contexte et l’action de chacun dans la construction de formes de CITOYENNETE émergeantes et pertinentes
- et que ce système puiserait sa pertinence dans des approches auto-organisées et transversales qui intègrent et relient apprenance, l’information et la digitale literacy ! (La démarche Apprendre 2.0 illustre et crédibilise le propos )
- Il s’agit de processus de VIE intégrant de nombreuses dimensions!

Qu’en pensez-vous ?

A découvrir cette conversation entre Maturana et Von Foerster à propos de systémique et de reliance :


3 commentaires:

Patrick Yeu a dit…

Je suis pleinement d'accord avec le propos et donc ce qui me gêne ce sont les mots et la volonté de vouloir fixer les idées et les inscrire dans des courants.

Agir, à grande échelle, de façon vertueuse, s'avère autrement difficile. Les crises, dont celles de l'agriculture, le montrent bien. Ce qui est en panne, c'est la raison. Donc, dans ces conditions, si penser pour agir peut servir, raisonner donne raison à la perversité et condamne à s'y enfermer.

Le terme d'information literacy ne me semble pas appropriée. L'information n'est un concept flou pas vraiment défini. C'est un fourre tout pratique dont tous les profiteurs se sont servis et continuent de le faire semble-t-il.

La digital literacy me semble plus appropriée. Le numérique, même s'il n'est pas encore pleinement appréhendé, est une réalité tangible.

Pour le reste, la digital literacy, c'est comme l'amour. Ça se fait plus que ça ne se discute. Manque donc, une fois encore, les rêves et les vision qui permettraient de partir pour le septième ciel ! Le reste ne peut que profiter qu'aux profiteurs de tous poils...

florence Meichel a dit…

la digital literacy, c'est comme l'amour. Ça se fait plus que ça ne se discute.

je retiens ! lol

frantz a dit…

Cela me fait penser aux Modèles holistiques d’apprentissage tout au long de la vie pour les peuples premiers et les Inuits : http://www.ccl-cca.ca/CCL/Reports/RedefiningSuccessInAboriginalLearning/RedefiningSuccessModels.htm?Language=FR

Pour moi la digital literacy fait partie d'un écosystème plus large qu'il faut prendre en compte dans sa globalité

A+

François