Du local au global : leS singulierS comme attracteur étrange

J'ai tenté de mettre des mots sur une vision qui m'accompagne depuis longtemps !

Dans un système complexe, un attracteur étrange représente en quelque sorte la signature de l’ordre qui est sous-jacent dans le chaos dit déterministe (non aléatoire). Cet objet particulier possède une structure fractale, c’est-à-dire qu’il a la même structure quelle que soit l’échelle à laquelle on le regarde.

Est-ce que cela peut s’appliquer à la singularité comme je l’ai suggéré ?

Sur un plan purement biologique, dans le cadre du processus complexe de reproduction, chaque ovocyte est doté d’un matériel génétique singulier qui va donner naissance à un ensemble de cellules interagissant et résonant les unes avec les autres dans un contexte donné : elles constituent un individu singulier.

Chaque individu singulier est en couplage au monde et il interagit avec d’autres individus singuliers. Leurs interactions et résonances déterminent un réseau de niveau 1 ou groupe restreint singulier : exemple une cellule familiale !

Les membres de chaque groupe restreint sont en lien avec des membres d’autres groupes restreints. Leurs interactions et résonances déterminent des réseaux de niveau 2 ou communautés singulières !

Les membres de chaque communauté singulière sont en lien avec des membres d’autres communautés. Leurs interactions et résonances déterminent des réseaux de niveau 3 ou réseaux sociaux singuliers !

Les membres d’un réseau social singulier sont en lien avec des membres d’autres réseaux sociaux singuliers. Leurs interactions et résonances déterminent notre humanité !

De cet enchevêtrement de singularités naît une unité : nous sommes tous liés les uns aux autres par notre singularité…la singularité au lieu d’exclure, fait reliance et sens commun: elle crée par la même une nouvelle éthique de vie au monde ou chacun prend place dans toute sa singularité en lien aux autres et aux contextes…les responsabilités qui en découlent incluent les niveaux individuels et collectifs sans en exclure aucun !


Ici une vision topographique possible des différents niveaux :


NB : Comme je l'ai souligné dans mon commentaire, cette représentation est une photographie prise à l'instant "t", il est necessaire d'en avoir une lecture dynamique en actes, de considérer l'ensemble en mouvement itératifs et permanents ! signe de VIE !

MAJles dérives éthiques peuvent voir le jour avec des approches extrémistes animées par des projets de maitrise technologique absolue...parlons plutôt DES SINGULARITES plutôt que de LA SINGULARITE !
En résonance :  cette conversation avec Heinz Von Foerster : on y perçoit les prémisses d'une dérive possible liée à une incompréhension paradigmatique majeure (17:40) https://www.youtube.com/watch?v=htkzDvcsR8k

MAJ du 13 janvier 2012 : L’Univers, l’hologramme et nous ""comme le postule la théorie big-bang, il n'y aurait plus de singularité, mais quoi ? peut-être un univers complet ?" http://rhubarbe.net/blog/2010/07/24/l%E2%80%99univers-l%E2%80%99hologramme-et-nous

MAJ du 19 avril 2013 : Généralisation de l'équation de Schrödinger (mécanique quantique), fractales et notions d’échelle - Originalités de la vie 2011 - Auffray Nottale - Innovaxiom 


En particulier ce moment à 11: 47




A lire en complément :
- Topographies en mouvement : vers l'apprendre à apprendre http://florencemeichel.blogspot.co.uk/2012/11/topographies-en-mouvement-vers.html
- Refounding Legitimacy toward a Global  Immune System (==> 4ième singularité) via Olivier Auber, Ecco chercheur Au Global Brain Institut - Vrije Universiteit Brussel https://www.academia.edu/16621395/Refounding_Legitimacy_Toward_a_Global_Immune_System

Commentaires

Michel a dit…
Encore faut-il ne pas se penser singulier et unique en soi, intrinsèquement - mais comme la partie d'un tout. Avoir cette humilité et cette modestie se nourrit d'une connaissance du monde plus fine, moins obscure que celle que nous possédons naturellement. Elle demande beaucoup d'efforts intellectuels, et surtout d'ordre moral. Tout cela est vrai : mais que c'est difficile de se percevoir ainsi, de s'accepter, pour ensuite accepter la différence comme naturelle, souhaitable, necessaire - et cultiver sa propre singularité pour exister, dans cette acceptation de l'autre. Finalement, c'est assez simple, mais que c'est moralement difficile.
Patrick Yeu a dit…
Tout à fait d'accord avec Michel.

Je crois, Florence, qu'il y a un paradoxe dans ton approche. Elle tient à ton point de vue "localisé" du processus.

Ton discours est fondamentalement historique. Tu ne parles que connexions, c'est-à-dire d'histoires (le pluriel est important). La singularité est lié au fait que chacun des évènements, même les plus répétitifs, sont singuliers parce que chacun d'eux se passe à un instant différent des autres. Vouloir rattacher cette approche de lieux/situations renvoie à des concepts d'identité inadéquates. Incohérents. Du coup on fige quelque chose qui par nature ne l'est pas et qui perd donc toute réalité pratique sinon purement intellectuelle.

Cela étant, tu traduis bien un état du monde ou plutôt un état de l'homme que cerne Michel dans son commentaire.

Oui, la grande difficulté n'est plus de se définir comme un être mais d'être. C'est-à-dire de passer du nom au verbe.

Ceci dit, et c'est là, je crois la grande difficulté à laquelle les hommes (et les femmes, bien sûr) sont aujourd'hui confrontés, il ne s'agit pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Ce n'est pas parce que le numérique privilégie le faire sur l'être que l'être ne doit plus exister. Bien au contraire, pour exister, nous avons, aussi, besoin d'être... Et donc, nous avons aussi besoin de l'autre pour être mais aussi et dorénavant pour devenir. Dans les deux cas, pour nous situer à la fois dans l'espace, dans le temps, dans la vie (dont la sienne), mais aussi pour nous définir. Mais ce n'est pas la même chose et c'est, justement, ce qui est nouveau.

Notre difficulté est liée à des changements tels qu'il est difficile de s'engager et donc d'exister. Notre premier réflexe visant à nous définir nous met hors jeu sur le plan logique.

Il ne s'agit plus, aujourd'hui, de savoir qui on est, mais ce que l'on veut... Alors les choses deviendront simple y compris sur le plan moral.

Une fois encore, il nous manque les rêves de nos moyens !

J'espère que je ne suis pas trop confus...
florence Meichel a dit…
Quels échanges si plein de tout !

Merci à tous les deux !

Je vous rejoins l'un et l'autre sur l'idée qu'il ne s'agit plus de se définir comme un être mais d'être !

Je comprends que mon propos puisse sembler déconnecté de cette dimension...c'est toute la difficulté de mettre en mots la vie !

J'ai privilégié c'est vrai une approche structuraliste pour illustrer la notion d'attracteur étrange avec sa dimension fractale !

Cette intention, qui n'est jamais qu'un point de vue et non une Vérité, oblige à délier et à découdre pour expliquer...à généraliser, rationaliser, figer, ce qui relève du singulier...il y a là effectiveemnt un paradoxe...et c'est aussi ce que je cherchais à souligner !

Et il me semble que la simultannéité du tout, telle qu'elle est donné à vivre à chacun permet justement de dépasser le paradoxe, permet d'être un être ET d'être !