Hier, j'ai lu avec attention le rapport "préconisation sur la réforme du lycée" !
Ce qui frappe d'abord c'est la lourdeur du système qui transparait au travers des mots ! on finit par décrocher tellement le truc devient massif, opaque et inerte !
Et puis, tout à la fin...si vous vous êtes accroché et avez dépassé l'envie de refermer le dossier en vous disant "peine perdue"...il y a ces mots terriblement vrais :
« Vous nous demandez de pratiquer un ou plusieurs sports, de nous former à une bonne hygiène de vie et de corps, les professeurs d’EPS sont là pour cela ; et aussi de nous passionner pour les arts, la culture sous toutes ses formes. Et aussi de nous engager : dans la vie lycéenne ; dans la vie syndicale ; dans l’humanitaire, l’aide aux personnes, la conduite de projet personnel. »
« Comment toutes ces activités trouvent-elles place dans notre emploi du temps ? Le lycée est-il équipé pour inciter les lycéens à déployer de telles activités ? Les lycéens sont-ils encouragés à développer leur personnalité à travers celles-ci ? Ou bien est-ce que seuls comptent les résultats scolaires, les notes de 0 à 20, la « moyenne », le niveau, la discipline, l’assiduité ? Vous nous demandez de construire progressivement notre citoyenneté : comment pouvons-nous le faire si nous ne sommes pas associés aux décisions qui nous concernent directement : la cantine, les heures d’ouverture du CDI, les heures d’ouverture du lycée ? »
« Vous nous demandez de préparer notre vie d’adulte à travers des choix successifs d’orientation ? Quels sont les moyens concrets, les actions précises qui nous permettent de construire ces choix, en ne redoutant pas – en ne constatant pas – que les dés sont pipés ? Que plus d’autonomie pour tous ne signifie pas une encore meilleure utilisation du système pour quelques uns, les initiés, et un piège encore mieux cadenassé pour le plus grand nombre ? »
« Vous nous demandez de respecter notre lycée, les lieux qu’il occupe et les personnes qui le font vivre, les règles de civilité nécessaires à toute vie collective,l’autorité que donnent le savoir et les responsabilités ? Et nous ? Nous sentons nous toujours respectés, dans nos droits, dans notre quête, dans nos malaises ? Le système d’orientation et le système de notation, les méthodes pédagogiques sont-ils parties prenantes de notre éducation au choix, à l’émancipation, à l’effort consenti, à la prise de responsabilité, bref à l’autonomie, celle de l’être humain, celle du citoyen, celle du professionnel ? »
A lire ces cris de détresse, je me dis que les propos de Richard Descoings résonnent comme un cynisme absolu : Il faut arrêter de rêver au grand soir de l'éducation.... l'urgence n'est pas le rêve mais le changement de cap ! Et ce n'est pas qu'une question d'emploi du temps : tout est à remettre à plat...parce que les enfants sont en danger à l'école française !
"Préconisation sur la réforme du lycée" en France : la souffrance scolaire, ce lieu commun !...mais faut pas rêver ???
Publié par fmeichel le 6/03/2009
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6 commentaires:
Quel alarmisme Florence !
Certes tout n'est pas rose...
Rien n'est parfait...
Mais, pour le vivre de l'intérieur, je constate aussi que la valeur "travail" et plus particulièrement le "travailler pour réussir" sonne désuet dans la bouche de nos chers têtes blondes...
Il est facile de transférer les échecs sur le système alors que soi-même on a pas appris les leçons !
On a rien sans rien !
oui alarmisme : c'est bien le mot qui convient ! ce n'est pas en en rajoutant toujours plus, que les choses s'arrangent...bien au contraire ! la preuve
D'accord avec toi, inutile de rajouter, commençons par exploiter l'existant avec intelligence, le potentiel est énorme !
Bonjour Florence (ça fait une paie).
Je crois que l'on butte encore et encore sur le même biais qui aboutit à l'absurdité de fond qui te révolte. Le problème, ce n'est ni, ici, le lycée ou, ailleurs, la planète... Le problème est que nous sommes tenus aujourd'hui de faire des choix qui jusqu'ici - bien ou mal - étaient déterminés par le contexte, les situations. Ces nouvelles obligations exigent une ou des compétences, des aptitudes qui ne sont pas, de toute évidence, disponibles. C'est, très certainement même, l'enjeu de l'éducation d'aujourd'hui.
Ce qui manque pour avancer, et c'est en cela que je ne suis pas d'accord avec toi en partie, c'est que nous sommes incapables d'avoir les "rêves", les ambitions à la hauteur des moyens techniques dont nous disposons aujourd'hui. Ces "rêves", ces ambitions nécessaires à la cohérence des visions et donc à la compréhension des situations et du sens des décisions à prendre et des actions à mener.
Là où je te rejoins, et c'est l'exigence même du défi lancé par le déploiement des NTIC, c'est qu'il ne s'agit pas "de rêver au grand soir de l'éducation",pas plus qu'au grand soir de quoi que soit, mais "des matins qui chantent", de ceux qui doivent permettre à chacun d'envisager un avenir et donner, du coup, un sens à l'éducation et aux formations qu'il reçoit...
C'est dire qu'à vouloir traiter de tel ou tel problème (économie, finance, éducation, emploi, pauvreté, écologie, planète, etc...) l'on n'a de cesse de placer les charrues avant les boeufs, de sacrifier l'avenir à l'immédiat.
La question est celle de savoir de quoi est faite la société qui émerge non en soi et/ou pour le plaisir de s'adonner aux joies de la spéculation prédictive, mais bien pour déterminer ce qui est en jeu pour chacun et donc la ou les places éventuelles qui peuvent être les siennes et parmi celles-ci, dans l'intérêt de tous, celles devant lui permettre d'exprimer au mieux ses potentialités... Sans cela, à quoi peut bien relever l'idée même d'orientation sinon du paradoxe ?
La question est donc avant tout affaire de méthode et donc d'épistémologie. L'introduction du rapport Descoings est parfait sur ce point. Il révèle clairement ce qui fait problème : une vision du lycée comme fin en soi. Du coup, il se condamne à traiter de la "bureaucratie" du système et non de ses finalités éminemment politiques et pour l'instant, éminemment vides.
Les réflexion des lycéens tapent d'autant plus justes. Ils voient bien les défauts du système et s'y engouffrent. Il ne faut pas tomber dans le piège et être manipulé. Pour cela, il faudrait que l'on puisse offrir des défis et donc un avenir à la hauteur de ce que la société qui émerge attend d'eux demain, et de nous aujourd'hui. Et c'est ce qui fait problème. Nous sommes encore loin du compte. Y a du boulot, mais rien n'est impossible et même ce qui est excitant...
Bien amicalement,
J'espère que tu vas bien
Patrick
Je crois qu'ils voient surtout où sont les incohérences et les paradoxes dans lesquelles on les projette...piègés oui : ils le sont et nous nous en rendons complices !
Et l'enjeu c'est la vie : sacré défi ! :-)
La vie, c'est très juste, c'est bien le fin du fin. Tout le problème, celui de l'éducation, en particulier mais pas seulement, c'est d'y parvenir. Et là, il est question aussi d'autorité. Non de l'autorité en soi, descendante et bêtement disciplinaire (à prendre tous les acceptions et les dimensions du terme), mais les savoirs qui fondent la sagesse qui fait autorité. Une fois encore, sous un angle différent cette fois, la question de le reconnaissance et du respect. Il ne peut pas y avoir de reconnaissance effective sans respect réciproque et le respect ne se décrète pas, il se conquiert. C'est vrai pour tout le monde. Et, je crois que là est la vraie question aujourd'hui.
Bonne journée à toi,
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