Le chercheur Jean-Jacques Kupiec tire un trait sur le déterminisme génétique et les théories de l’auto-organisation | AgoraVox
Intéressant article qui met en lumière le fait que l’expression des gènes puisse être un phénomène aléatoire : Cela s’oppose à la théorie du programme génétique qui est déterministe par définition.
Un autre point important : L’idée d’auto-organisation et l’idée d’émergence, qui est sa cousine germaine, suggèrent que les éléments d’un système s’organisent spontanément. Or, lorsqu’on analyse les exemples donnés par des auteurs comme Prigogine ou Kaufmann, on s’aperçoit qu’il y a toujours une contrainte externe globale qui s’applique sur ces systèmes et assure leur organisation. En d’autres termes, leur organisation n’est pas un processus spontané interne, il est causé par l’environnement.
La non spécificité des protèines semble être la pierre angulaire de cette approche
"le déterminisme génétique est infirmé par les données expérimentales de la biologie moléculaire, ce qui nécessite un remaniement théorique. Selon la théorie classique, les gènes permettent la fabrication de protéines hautement spécifiques. Cela signifie qu’elles « s’emboîtent » comme les pièces d’un puzzle pour construire l’organisme sans qu’il y ait le moindre hasard dans ce processus. Comme vous le savez de très nombreuses protéines ont été isolées depuis cinquante ans. Mais, lorsqu’on analyse leurs propriétés, on se rend compte que ces protéines ne sont pas spécifiques. Au contraire, elles sont capables d’interagir (de « s’emboîter ») avec de très nombreuses molécules partenaires. Pour reprendre l’analogie du puzzle, c’est comme si une pièce, au lieu d’avoir un partenaire unique avec laquelle elle s’emboîte, était capable de s’emboîter avec de très nombreuses autres pièces. Dans ce cas, il ne serait plus possible de reconstituer la figure de ce puzzle. Il en est de même avec les protéines d’une cellule. Du fait de leur non spécificité on ne comprend pas comment elles peuvent s’organiser pour créer une structure viable. Cela pose un problème énorme qu’il faut résoudre."
Remarque : je me fais la réflexion que j'ai toujours intégré la dimension environnementale quand j'abordais la question de l'auto-organisation...mais pourrait-il en être autrement...l'environnement est toujours une composante des systèmes...bref après réflexion, je trouve non pertinent la proposition de remettre en question l'idée de l'auto-organisation...L'auto-organisation pure n'existe que dans la tête des chercheurs : soyons lucides !
MAJ du 3 octobre 2011 : evolution par accomodation genetique
"L'ADN n'est pas un "programmateur" mais un code passif, que la machinerie cellulaire peut lire de plusieurs manière selon l'environnement chimique de la cellule. Du coup, un même code génétique peut produire des formes morphologiques très altérées en cas de forte perturbation du milieu. Cette combinaison de robustesse et de plasticité en cas de gros pépin pourrait presque être vue comme une caractéristique du vivant, au même titre que la capacité à se reproduire ou à se développer..."
1 commentaires:
Une espèce vivante non virale est dotée de mécanismes de mutation (double ADN). Cette stratégie permet l'évolution. Un système immunitaire est organisé autour d'une grammaire générative. Cette grammaire évolue comme un langage ou une culture.
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